Résilience face au changement : pourquoi d’autres cépages peinent-ils à rivaliser ?
Le malbec ou le carmenère, qui furent longtemps rois, n’ont jamais retrouvé leur lustre d’antan après la crise phylloxérique et l’apparition de maladies cryptogamiques (oïdium, mildiou). Plus sensibles, plus capricieux dans leurs maturités, ils sont devenus marginaux – moins de 2% de la surface plantée aujourd’hui, selon l’INAO, quand bien même ils connaissent une renaissance en Amérique du Sud. Quant au Cabernet Franc, cantonné majoritairement à l’assemblage et réservé à quelques terroirs (notamment Saint-Émilion), il ne procure pas la souplesse du Merlot ni la puissance structurante du Cabernet Sauvignon.
Il faut aussi noter qu’une réglementation AOC particulièrement stricte, combinée à la pression commerciale, freine l’introduction de cépages nouveaux. Pourtant, face au changement climatique, Bordeaux a timidement élargi la liste des cépages autorisés en 2021 (touriga nacional, marselan…), signe d’une adaptation insuffisante, mais significative. La hiérarchie historique reste toutefois solide ; ainsi, sur les 4 500 exploitations bordelaises référencées, seules quelques dizaines expérimentent réellement d’autres variétés à grande échelle (source : Vitisphere).