Première rencontre : les arômes et la robe, promesses et surprises
Couleur et premier regard
Voici un vin qui danse à l’œil. La robe du Gewurztraminer s’affiche dans une gamme éblouissante de jaune doré intense, pouvant virer à l’ambre pâle avec le vieillissement ou sur des vendanges tardives. Ce sont les pigments naturels de la peau rose du raisin qui donnent cette chaleur solaire. Plus la cuvée est âgée ou concentrée, plus les reflets dorés s’intensifient, allant parfois jusqu’à flirter avec des nuances d’huile de noix.
Le nez du Gewurztraminer : voyage olfactif en plusieurs étapes
S’il fallait résumer le Gewurztraminer en une image, ce serait celle du panier fleuri posé sur la table d’une maison alsacienne. Le premier nez est expansif, immédiat : litchi, rose, fruits exotiques mûrs (ananas, mangue), épices douces (gingembre, cardamome). Mais il ne s’agit pas d’un catalogue d’arômes figés – c’est l’évolution qui éblouit : notes de poivre blanc, de miel, touches mentholées, notes de safran ou de zeste d’orange amère.
Pour les plus curieux, amusez-vous à identifier dans le Gewurztradimer la géraniol (un composant aromatique aussi présent dans la rose et la coriandre), ou la rotundone, responsable de la sensation poivrée remarquée à l’aération.
Un chiffre révélateur : le Gewurztraminer peut contenir jusqu’à 1300 microgrammes de linalol par litre, un terpène odorant également présent dans la lavande, contre seulement 100 à 200 µg/l dans le Riesling (source : L’école des grands vins de France, B. Bindefeld).