Le parfum singulier du renouveau viticole
Au détour d’un rang de vigne, le pas s’allège, l’air a comme un parfum suranné : ce n’est plus seulement l’histoire que l’on raconte, c’est une mémoire qui s’infuse dans la terre. La Touraine, tout comme bien d’autres terres ligériennes, a longtemps vu pousser des cépages tombés dans l’oubli. Victimes du phylloxéra à la fin du XIXe siècle, des modes de consommation, de la standardisation et des replantations massives post-crise, ces raisins, qu’on disait rustiques, complexes, fragiles ou peu rentables, laissaient la place aux grands noms rassurants — sauvignon blanc, cabernet franc, gamay…
Mais voilà : le temps du vin mondialisé donne désormais soif d’authenticité, de biodiversité, d’expressions singulières. Le vigneron curieux redevient chercheur d’or noir, fouille dans les archives, s’allie aux pépiniéristes de l’INRAE, exhuma, teste, ose planter ce qui ne l’était plus. Le tout pour redessiner la palette des saveurs de nos régions. Quels cépages oubliés renaissent aujourd’hui en Touraine, sur la Loire et ailleurs ? Voici une exploration sensorielle et documentée de ces témoins du passé qui font le pari de l’avenir.